12/07/2008
NEPTUNE MAMBO
Neptune Mambo est à la fois un cri et un chant. Les textes qui le composent sont habités par le souffle de la passion et l’ardeur de vivre. Thierry Renard est un poète de l’amour fou qui met son cœur à nu : Maintenant j’écris et je crie ton nom partout / J’écris surtout de toi sur toi pour toi / J’écris enfin pour vivre / Pour ne pas mourir / Ne jamais renoncer. Comment sortir indemne d’une telle lecture ? Il y avait tes yeux bleus / Et l’éclairante beauté de son sourire / Nous nous étions toi et moi / Perdus de vue durant plusieurs heures / Je ne savais même plus sereinement te regarder / Je ne voyais que le feu / Qui peu à peu se consume en chacun d’entre nous / Qui violemment devient flamme / Là où naissent tous les incendies. La poésie est ici un combustible, avec la révolte – c’est dans l’adversité que l’on se révèle que l’on se réveille, et l’amour. Les textes ont été écrits pour être lus, et la forte présence de l’oralité leur confère une puissance, une proximité, ainsi qu’un côté immédiat. Leur poétique est celle de l’emphase, de la répétition : L’art de la répétition est un art bien singulier / Car moi si j’écris c’est pour tout dire / À voix haute / Pour tout dire et son contraire. Même si Rien n’est exact rien n’est parfait, même si Vivre est tout le temps paradoxal / Au plein bonheur toujours succèdent / Les pires peines, ce qui compte, sans doute, c’est le présent, à vivre intensément : Et laissons l’instant durer / Et laissons l’instant durer / ET LAISSONS L’INSTANT DURER .
Thierry Renard, Neptune Mambo, Éditions Bérénice, 2006
Chronique parue dans la revue Verso n°127 : La lumière ou l’art de la chute, déc. 2006
RIEN N’EST EXACT RIEN N’EST PARFAIT
Rien n’a de sens
Ou n’est exact
Tout est divers
Le feu dans l’âtre crépite
Le feu dans l’âtre siffle
Je le regarde me consumer
Vivre est tout le temps paradoxal
Au plein bonheur toujours succèdent
Les pires peines
[...] p. 69
01:25 Publié dans Chroniques
08/07/2008
NOUS VOUDRIONS
Nous voudrions emplir nos besaces de coques de châtaignes d’écorces de noix de mûres nos bras griffés noirs des vendanges les grains éclatant au fond de la cuve la fraîcheur des celliers quand dehors le raisin se désagrège encore de mûrir le vin aura la couleur d’une belle feuille d’automne chaude des derniers rayons nous marcherons à l’ombre des tilleuls chuchotant de peur de troubler la quiétude cet instant privilégié même les murs semblent pensifs nous oublierons nos petits tracas grands comme des maisons grandissant à l’intérieur de nous si faibles que nous sommes de les tenir à distance parce que c’est toujours nous le bleu marquant nos bras le violet sur la pommette c’est toujours nous quand l’autre est l’étranger celui que nous ne percevons pas nous avons mis des barrières entre nous afin que chaque souffrance reste intacte à l’intérieur de soi et ne coexiste pas avec celle de l’autre afin que le monde soit une nuée de petites bulles de souffrances détachées les unes des autres et qu’enfin en un essaim les moucherons s’élèvent dans la forêt alors que la fraîcheur tombe
08:10 Publié dans La poésie des autres




