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03/06/2020

DIALOGUE SANS PAROLES

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je redécouvre
les trésors de mon quartier
un chat plissant des yeux
rebord d'une fenêtre
lierre emmêlé aux barreaux
plantes accrochées aux façades

chaque jour une nouvelle
rencontre illumine mon coeur
c'est un regard un sourire
un signe discret
une envolée de mésanges
sorties d'un dialogue
sans paroles

 

18:50

28/05/2020

PARFOIS

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parfois rien de neuf
ne surgit

l'esprit devient agile

avec des brins de laine
il tricote un arc-en-ciel

déniche des trésors
dans l'ordinaire

 

14:28

04/05/2020

DU COTON SÈCHE SUR UN FIL

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je m'étire
face à la fenêtre

du coton sèche
sur un fil

pinces à linge
multicolores

pourquoi ne pas
étendre le drap

directement dans l'herbe

une silhouette se faufile
derrière le blanc

ombre imaginaire

 

10:37

15/04/2020

GLYCINE

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un merle saute
de flaque en flaque
 
la glycine se déploie
 
grappes suspendues
aux murs
d'anciennes demeures
 
maisons de ville
aux vastes fenêtres
 
donnent un supplément d'âme
aux ruelles du quartier

 

16:01

05/04/2020

PRINTEMPS

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juste une sortie
dans le matin frais

le temps d'humer l'air

de butiner les fleurs
des cerisiers

juste prendre la température
du printemps

absorber des parcelles
d'humanité

 

17:40

27/03/2020

JARDINIER

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Tu me renverses et je m’en vais

pleurer d’amour dans la poussière.

 

Tu m’as souri avant l’aube et le jour

était toi, discrètement, lentement.

J’ai vu ton sourire

et je ne suis jamais rentrée.

Tu dissimulais ta lumière le long des murs

avec tes dents de travers et tes fossettes de jeune homme,

qu’avant ce matin frêle

nous avions défiguré.

 

Pardon que tu es,

pourquoi es-tu passé si vite ?

 

*

 

Quelles nouvelles ? de quel monde ?

Comme si j’espérais savoir

ce qui a bien pu arriver,

très tôt un jour d’avril.

Il a tracé sur ma bouche

une promesse avant de parler,

une manière de caresse ou de baiser

et puis il s’est rompu le cœur.

 

Ariel Spiegler, Jardinier. Gallimard, 2019

10:17 Publié dans La poésie des autres

14/01/2020

LA RENOUÉE AUX OISEAUX

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Moi j'ai l'arbre

son écorce

pour m'enfouir

être unique

même tarie

sans bouche à nourrir

 

L'enfant sans faim

bouche à bouche avec l'oubli

 

Je bois la sève de l'arbre

 

*

 

Je redescends à l'arbre

une heure durant

je le laisse voler ma lumière

 

Je voudrais manger

le noir de ses racines

avaler d'autres tubercules

arrachés à la chance

au jardin de l'asile

 

Paola Pigani, La renouée aux oiseaux. La Boucherie littéraire, 2019

09:26 Publié dans La poésie des autres

21/10/2019

Lecture à La Virevolte

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12:34

26/08/2019

La Grande Papillon

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Tortue

 

 

La première chose que ma fureur

a pulvérisée, c’est

 

ma carapace

Tu as tout essayé

 

pour que je ressemble de nouveau

à une babiole :

 

porcelaine, ébène, ivoire

des tortues en rang sur une étagère

 

J’aurais peut-être dû laisser mûrir mes idées

mais pousser un cri

 

était forcément nécessaire

Et maintenant

 

mes écailles répandues tracent

un sentier magique

 

dont tu es champion par ta méfiance

toi qui m’enjoignais : Ne crie pas

 

 

Delfine Guy, La Grande Papillon. Al Manar, 2019

08:40 Publié dans La poésie des autres

17/07/2019

OURLETS II

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À gauche, les notes du père, à droite, les mots de la fille. Clara Regy est restée proche de son père, et est aussi restée attentive aux petits riens du quotidien de son paternel : menues courses (et listes de commissions), lierre descendu du mur des voisins, grattage de la terre, repiquage des salades, plantation des dahlias… Cette attention se ressent dans les notes menues que l’on imagine écrites par son père, et qu’elle a retranscrites :

semé laitue d’hiver Merveille

rhume Humex comprimé et gélules

plus de 25 mm de pluie

dans la nuit

Autant de petites notes, qui sont comme les notes d’un journal, esquissées au jour le jour : les menus événements, faits et activités de tous les jours d’un père plus très jeune et menant une vie simple. Les poèmes de la fille, à droite, parlent du père, de ce que la fille retient de celui-ci, de leur relation :

parfois ta bouche parle

tu ne racontes rien

je n’ose te le dire

parfois ta bouche parle

et me fait mal

aussi

quelques mots

perdus

Clara Regy dessine le portrait de son père, qui est resté attaché à la terre, à son jardin :

tu cramponnes le temps au creux des arrosoirs

sans doute un peu moins pleins

la pomme fait semblant

de pleurer davantage

au-dessus des patates

dans le creux de la terre

Elle parle de la toile du jean, de la blouse de travail bleu bugatti, des femmes qu’il regarde ou dont il se souvient avec gourmandise – nous avons tous les deux / passé l’âge / de rougir. Elle parle des légumes de son jardin, des œufs de poule ramassés, dont il est si fier. Un recueil presque à quatre mains, dans lequel père et fille partagent une touchante proximité.

 

Clara Regy, Ourlets II. Lanskine, 2019

17:24 Publié dans La poésie des autres