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22/10/2018

JOUR APRÈS NUIT

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L’ombre est nue le matin, sans hâte

j’avance vers les mots qui viennent

à ma rencontre : mes mains butent

sur leur peau, cherchent le sillon où

devenir une voix meilleure, plus limpide,

semblable au chant du verre, caressé.

Une bouche à qui confier l’écume

bouillonnante de vivre

 

au cœur des chardons,

là où l’immensité pique.

 

 

Viens, il nous reste des secrets

à se dire dans l’obscurité parfaite

et le feu des épices.

La mer est derrière la fenêtre, pleine

de voyages indécis.

Larmes intimes offertes

au sable. Mes mains se perdent

dans la brûlure ouverte

où trébuchent et sombrent

les oiseaux blessés,

 

les paroles décousues, fil à fil.

 

Martin Laquet, jour après nuit. La Passe du vent, 2017

 

08:55 Publié dans La poésie des autres

27/08/2018

FÊLURE

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parfois notre vision se trouble

l’idée que nous avons

de nous-même notre identité

dans le ciel intérieur il y a

une fêlure et des lisérés blancs

on voudrait colmater les brèches

à coups de jaune d’œuf

appliqué au pinceau

donner de la chaleur de la rondeur

comme la pâte de la brioche

devient dorée sur le dessus

pourtant le ciel demeure opaque

des goélands le transpercent

de leurs ailes de leurs cris

même si au fond tout est silence

alors les mots se faufilent

se blottissent contre nous

 

08:55

18/06/2018

TRAJECTOIRE DEROUTÉE

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Ma paume immense et lisse

caresse la nuit couvrant

moitié de la terre.

Elle protège la planète.

Je protège la nuit.

Contre quel criminel ?

Je n’ai plus de doigts

juste la paume géante

et dans son creux

la nuit immensément fragile :

elle va disparaître.

L’aube y aidera.

De mes pas attraper

l’absence parfaite :

le très haut des jours,

son air bleu royal.

 

Sanda Voïca, Trajectoire déroutée. Lanskine, 2018

08:39 Publié dans La poésie des autres

04/06/2018

NUIT

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"Nuit" : poèmes de Valérie Canat de Chizy, Encres de Colette Reydet

Sur le site de la revue Ce qui reste

Pour le consulter, Cliquer ici

 

 

13:14 Publié dans Recueils parus

18/05/2018

SI PEU

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Un livre pauvre avec des collages de Ghislaine Lejard, poème de Valérie Canat de Chizy

09:04

29/03/2018

ANTHOLOGIE DUOS

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Je suis présente dans l'anthologie Duos : 118 jeunes poètes de langue française né(e)s à partir de 1970 dirigée par Lydia Padellec, et publiée par la Maison de la poésie Rhône-Alpes (2018)

10:43 Publié dans Recueils parus

28/02/2018

TRAVERSER L'HIVER

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Ce matin

Matin de mousse verte dans l'entrejambe des arbres

J'apprends à épeler des couleurs

Dans la palette du ciel à reconnaître l'oiseau

Qui n'aimait pas son frère et j'apprends

À chanter sans le savoir des poèmes transparents

Comme l'air

Froissé sous des ailes

 

Je vois ce trou de lumière qu'enlacent des nuages

Médusés par leur propre puissance

D'air et d'eau

Je fixe les restes de la nuit dans mon bol de café

Je suinte l'amour par tous les pores

Je rédige à l'emporte-pièce

Des phrases qui cognent

Contre le jour

Qui me refuse sa bouche

 

Adeline Baldacchino, 13 poèmes composés le matin (pour traverser l'hiver). Rhubarbe, 2017

09:30 Publié dans La poésie des autres

24/01/2018

NOUS SALUONS LES ORAGES

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Nous saluons les orages

les renards boivent l'eau des bois

il fait souple dans ma cabane

approche ta main : elle brûle

tel feu de bois où craquent

des bûches un peu vertes

et j'aime ta respiration ample

près de mon corps assoupi

il est temps de vivre vite

les joues et les mains jointes

ah, j'aime ces instants fluides

qui ont en commun avec la mer

l'élément liquide et l'alternance

de violence et de douceur.

 

Emmanuelle Le Cam, Nous saluons les orages. Raphaël de Surtis, 2017

14:59 Publié dans La poésie des autres

21/12/2017

LE POÈME CORRESPONDANT

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17:25 Publié dans Recueils parus

04/12/2017

APPELS EN ABSENCE

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Saison après saison

les mêmes gestes pour le retour

la table mise les vitres claires

à peine une hésitation de la main

et la langue lèche l'usure des choses

la tête prise entre deux éclaircies

nous puisons à même la peau

l'imparfait du dialogue

la table mise les vitres claires

le rouge du sourire

l'attendu convoqué.

 

*

 

Les hirondelles ont tant de joie

à découdre le ciel

jardin terre débris de fleurs

des mots me viennent raniment

corps sans force les mains inutiles

le soleil découpe la terrasse

l'absence du chat me met à nu

tu es parti

ton sac de mer est toujours prêt

les cartes des rivages d'où tu appelleras

fil coeur à coeur déroulé dès le seuil.

 

 

Luce Guilbaud, Appels en absence. Les éditions du Petit Pois, 2017

 

11:34 Publié dans La poésie des autres