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14/09/2008

LANGAGE

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Je te parlerai un langage de pierre

(tu réponds avec un monosyllabe vert)

Je te parlerai un langage de neige

(tu réponds avec un éventail d’abeilles)

Je te parlerai un langage d’eau

(tu réponds avec une pirogue d’éclairs)

Je te parlerai un langage de sang

(tu réponds avec une tour d’oiseaux)

Octavio Paz, Le feu de chaque jour, Poésie/Gallimard, p. 73

18:25 Publié dans La poésie des autres

12/09/2008

LE MUR SE CREUSE

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Le mur se creuse

Galerie souterraine

Un peu de terre chaque jour

À force de doigts gratter

Morceaux de verre d’émail de

porcelaine

Explorer la solitude la sonder

Habiter le silence l’intégrer

16:35 Publié dans La poésie des autres

10/09/2008

RIEN NE SERT DE PARLER SI FORT

Il me paraissait impossible de parler de ce livre, tant son contenu faisait résonance avec une blessure soigneusement cadenassée à l’intérieur de moi. Aurélie de la Selle parle du silence avec une telle acuité, une telle lucidité qu’il est difficile de ne pas ressentir dans sa propre chair cette prison de verre acéré qu’est l’absence totale de son. Comment se construire sans les repères habituels communs à la plupart des gens ? Comment vaincre l’incommunicabilité, le sentiment d’exclusion, tout en s’épanouissant dans la myriade d’émotions et de sensations à laquelle lui donne accès son hyper sensibilité ? Je grogne de mon destin. Pas aux normes. Je me réadapte jour après jour et parfois je craque. Il est dur de séduire sans oreilles, écrit-elle. Je me surveille du bout de vos lèvres, oubliant ce détour de la parole où tout ici repose. Relâcher l’oblique de vos visages croisés dans mon attente sans limites. C’est sans doute sa volonté immense de grandir qui a permis à Aurélie de la Selle de ne pas succomber au désespoir et de se battre, envers et contre tout, contre elle-même avant tout, pour trouver un semblant de sérénité. Je voudrais vous parler sans arrêt. Je ne peux entendre que moi dans ma souricière de solitude. Je meurs à petit feu de ne pouvoir m’exprimer. Trouver le mot juste pour faire briller votre impatience. Audace d’un sourire, quand trop souvent les gens n’aiment pas ce qui ne leur ressemble pas, poésie où trouver un soupçon d’apaisement, Rien ne sert de parler si fort se présente comme un aboutissement, au terme de longues et douloureuses années de combat.

Aurélie de la Selle, Rien ne sert de parler si fort, L’Harmattan, 2007

 

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18:35 Publié dans Chroniques

08/09/2008

DE LA VIE EN SURNOMBRE

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Vois, je vis. Mais de quoi ? Ni l’enfance, ni l’avenir

 

ne diminuent. De la vie en surnombre

 

me jaillit dans le cœur.

 

 

Rainer Maria Rilke - Lou Andreas-Salomé, Correspondance, Gallimard, p. 372

 

20:35 Publié dans La poésie des autres