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02/11/2008

IL PLEUT SUR LES VERRIÈRES

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Musarde sous l’aigrette

hautement seule des cormorans

– quel arbre fit sécher

ses palmes noires activement ?

 

*

 

Il pleut sur les verrières

les grandes vacances

les herbes chargées de pluie,

il n’y a pas d’autre mort

 

         la contrebasse est une fatigue

 

 

L’épaule un mardi soir

tenait bas

l’aiguille des sons

 

*

 

J’aime les petites adversités

comme

perdre son temps

marcher sous la pluie et le vent

achever d’être prise

avoir très faim des choses humaines

 

 

Marie-Noëlle Agniau, Il pleut sur les verrières, Encres vives, Collection Encres Blanches n°157

13:54 Publié dans La poésie des autres

31/10/2008

UNE VOIX SANS PERSONNE

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Bien que je ne sois pas de la danse

ne me chassez pas sans savoir.

Plus qu’un seul mot

et je m’en vais.

 

Jean Tardieu, « Une voix sans personne », Tardieu : œuvres, éd. dirigée par Jean-Yves Debreuille, Quarto Gallimard, 2003, p. 505

16:52 Publié dans La poésie des autres

LES MAINS DE CHARLES JULIET

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Ce sont deux mains sachant

se tenir au silence

et muer lentement

en des voix submersibles

replongeant dans l’immense

et l’infinie candeur

 

Blanches mains

Mains étanches

        

 

                                                                           Mth Peyrin

 

 

Marie-Thérèse Peyrin & Armand Dupuy, Les mains de Charles Juliet, Ed. Sang d’Encre, 2006

Illustration de Tanguy Dohollau

12:37 Publié dans La poésie des autres

29/10/2008

CE PEU DE BRUIT

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Couleur du ciel hier soir, sous des nuages de cendre et de neige pesants comme des montagnes : du rose, du jaune et du vert ; plus exactement, du presque rose, de l’à peine jaune et de l’à peine vert, des bandes de soie superposées de la nuance la plus délicate, transparente, doucement lumineuse avant l’obscurité – des fleurs allongées côte à côte avec soin dans un cageot invisible – une muette invitation à rejoindre Flore à l’horizon.

 

Philippe Jaccottet, Ce peu de bruit, NRF/Gallimard, 2008, p. 98

23:28 Publié dans La poésie des autres