07/12/2008
L'HÉCATOMBE DES ORMES
Enfin il faudrait que cessent
la fonte des vitres, l’affaissement des plafonds,
la lèpre des écorces, les fougères impuissantes,
l’arrachement des tendons de mes poignets
(mon Dieu ce nu ridicule sur un lit,
sans tatouages mais
ces mauves et bleus venus de l’intérieur),
que cesse le défilé des heures
réservées à l’alternance
du flanc gauche et du flanc droit du
nu ridicule sur un lit
qui aurait aimé encore le soleil,
sur les lèvres le goût de mer
ou de la sueur à fendre les bûches
des deux peupliers trop mûrs […]
Jean-Louis Rambour, L’hécatombe des ormes, Éditions Jacques Brémond, 2005, p. 29
21:38 Publié dans La poésie des autres
03/12/2008
DE TÊTES
Ça clignote les paupières. L’orage pilonne, devant craque la
nuit. Dans le souffle asthmatique du tram, on dirait tassés
des corps d’insectes. Mon père, encore, charabia d’étincelles,
tête rapide en mémoire, finit son jeu de massacre. Cogne en
série, moins vite, moins fort peut-être. Au fond, comme si
parler c’était sa faute, ma chance. Ne sont pas si loin ce midi
d’été, ce coup raté, ma bouche sanglante. Je donne la part.
Chacun sa tête. On ouvre avec ce qu’on peut.
Armand Dupuy, « De têtes », Décharge n°139, p. 106
20:38 Publié dans La poésie des autres
01/12/2008
POUR TOI
Pour toi
Pour ma liberté
Par conviction
Je joue
Avec les éléments
Je me laisse empreindre
De ton aura de souffre
Elle me suit
De toutes façons
Depuis longtemps
Je l’habite
Je danse
Avec elle
Avec elle seule
Valérie Canat de Chizy, Il y a des lunes, Encres vives, Collection Encres blanches n°340, octobre 2008, p. 6
18:44 Publié dans La poésie des autres
TU ME PROPOSES L'IMPOSSIBLE
Tu me proposes l’impossible
Je suture mes genoux
Mes lombaires
J’avance et me bats
Chaque jour
Pour rétablir la vérité
Sais-tu je l’ai toujours su
Par-delà les distorsions
Tu portes en toi l’infini
Il te restait à le découvrir
Valérie Canat de Chizy, Il y a des lunes, Encres vives, Collection Encres blanches n°340, octobre 2008, p. 4
18:37 Publié dans La poésie des autres
IL Y A DES LUNES
Il y a des lunes
Ton visage
La pierre dans le lac
A brisé ton reflet
Et mes morceaux de peau
Sont tombés
Voici
Le jour décline
Tu me visites
Je ne détourne pas la tête
Je t’ai connu
Intensité fracas
Je te revois
En songe
Valérie Canat de Chizy, Il y a des lunes, Encres vives, Collection Encres blanches n°340, octobre 2008, p. 1
18:27 Publié dans La poésie des autres







