27/05/2008
GOÉLAND
D'aurore en aurore
Le goéland s'élance
Frôle l'eau de ses ailes
À chaque recommencement
Il trempe ses plumes
Dans l'aube écarlate
Agrippe de son bec
Les cordelettes terrestres
Et les tire derrière lui
Dans la prescience céleste
Il les emporte au loin
Leurs crochets se balançant
Il les offre au soleil
Et s'éloigne, se retournant,
De temps à autre jetant
Un dernier regard sur
Le brasier incendié.
in La Licorne d'Hannibal n°14 (janvier 2007)
13:05 Publié dans La poésie des autres
26/05/2008
PASSAGE DES SQUALES
En apnée
seul
le ruissellement
du jour
Autant d'éclats
de verre
joues lacérées
tes yeux
que bride
le
passage
des squales
22:00 Publié dans La poésie des autres
ÉMOTION
cet état
– une grâce –
serait un vol suspendu
à mesure d’homme
fil sur la densité de l’air
– une teneur indéfinissable –
eau dans un récipient
transparence
équilibre
justesse parfaite
mon émotion
21:50 Publié dans La poésie des autres
L'AUBE COUPE SES FILS
L'aube coupe ses fils
dépose les paupières sur la terre
Mes bras : deux mâts pour étreindre
les voiles de l'absence
Mes fenêtres sont parties
Il ne reste ni fleur ni livre
rien que moi et les recoins
avec mes fils usés
avec mon corbeau
***
Dans le cancer du silence, dans l'encerclement
j'écris mes poèmes sur l'argile
avec la plume du corbeau
Je le sais : pas de clarté sur mes paupières
plus rien que la sagesse de la poussière
Je m'assieds au café avec le jour
avec le bois de la chaise
et les mégots jetés
Je m'assieds dans l'attente
d'une rencontre oubliée
***
Peu m'importe le possible
joie ou douleurs
Dans mes hymnes j'invente un évangile
je cherche un refuge
un monde qui commence
à la pointe du monde
Adonis, Chants de Mihyar le Damascène, NRF Poésie/Gallimard, 2002, p. 138, 140, 142
13:37 Publié dans La poésie des autres



