16.05.2009

UN MONDE À PART

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Tant de fois perçu dans votre regard, ce malaise que je connais si bien, fuite devant l’irréparable, la faille caractérise votre lâcheté. Pensée qui m’obsède… Je m’exécute à votre mesure pour rattraper la cadence de ma rétine qui vous observe, croisant l’étincelle d’un temps de lire, d’observer.

[…]

Définir mon silence, grand mot dont j’aimerais résoudre le mystère. Débrancher dans mon vide, vertige où je me cogne bien trop souvent, envoûtée par mon propre silence à perdre haleine. Oublier ma propre voix dans la résonance étouffée de mon existence. Plainte de chaque jour murmurée au fin fond de mon corps pour exister encore.

 

Aurélie de la Selle, Rien ne sert de parler si fort, L’Harmattan, 2007, p. 147

07.05.2009

ACTU !

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fille de mille épées

ce fut écrit tu lutteras

avec ta grâce contre les

jours ébouillantés les lar

mes l’alcôve le trois-pièces

 

***

 

ce fut écrit souffle-racine

sur le ring de l’eau jouis-

sance débauchée coulant

des livres sous l’éclat de tes

cils : laforgue dostoïewski

 

 

 

gilles b. vachon, the jewish plot, CC Marimbo, 2006

03.05.2009

NOUS VIVIONS

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Nous vivions parmi les ronces en bordure de nos terres

dans les vitres fendues de l’orage d’été

blessés à bleu par des éclats de mer

jusqu’au fond infondé des nuits qu’on prononce

soudain sous les doigts qui suivent l’érosion

et derrière la chair qui se presse dans la voix

le sang translucide à force de s’ouvrir

au bout de ses tiges digitales brisées –

 

 

Lorand Gaspar, Sol absolu, Poésie/Gallimard, 2001, p. 115