06.06.2009

C'EST COMM'

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       C’est comm’ la mer sans l’huile

ou comm’ la nuit sans l’encre.

C’est comm’ le cuit sans l’cru

comm’ le ni vu sans l’ni connu

comm’ les compas sans la raison

comm’ la rime sans la déraison

comm’ les raisins sans la colère

comm’ le dauphin sans la reine-mère

c’est comm’ la reine sans les ferrets

comme Étretat sans les galets

comm’ les récrés sans les gadins

ou comme un Carné sans Gabin

comm’ le samedi soir sans l’turbin

comm’ le samedi soir sans l’turbin.

 

Jean-Pierre Bobillot, Live on page, Lieux-Dits, 2004

29.05.2009

L'AUBIER

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L’aubier se feuillette comme un cahier blanc

    et le monde – parfois – retombe

         en enfance :

                                                 scotché sous la langue.

 

 

 

 

Plus d’un bruit demande à être.

                     Et veut montrer en même temps :

                                                                 l’essor qui prend, l’étreinte et l’onde.

                                             Les fibres aux fibres,

                                                     l’autonomie.

 

 

Ce qu’il faudra ? Faire état du manque. Craquer ou recoudre l’ancien cousu.

 

 

 

Marie-Noëlle Agniau, inédit, 2009

16.05.2009

UN MONDE À PART

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Tant de fois perçu dans votre regard, ce malaise que je connais si bien, fuite devant l’irréparable, la faille caractérise votre lâcheté. Pensée qui m’obsède… Je m’exécute à votre mesure pour rattraper la cadence de ma rétine qui vous observe, croisant l’étincelle d’un temps de lire, d’observer.

[…]

Définir mon silence, grand mot dont j’aimerais résoudre le mystère. Débrancher dans mon vide, vertige où je me cogne bien trop souvent, envoûtée par mon propre silence à perdre haleine. Oublier ma propre voix dans la résonance étouffée de mon existence. Plainte de chaque jour murmurée au fin fond de mon corps pour exister encore.

 

Aurélie de la Selle, Rien ne sert de parler si fort, L’Harmattan, 2007, p. 147