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29/06/2016

LA CLARTÉ JAUNE DU SOLEIL

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09:17 Publié dans Recueils parus

19/05/2016

LA CONNIVENCE DU MARCHAND DE COULEURS

 

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Le marchand de couleurs est celui qui permet d'imaginer la passion écarlate / d'un monde indicible. Il traverse des contrées où la société ne semble pas avoir élu domicile. Seuls une maison, un hameau, un village feront sûrement surface mais pour longtemps ce chemin / suffit. Le recueil s'attache au périple de ce personnage dans un espace-temps intemporel.

 

Le voyage ici n'est pas un moyen de rencontrer d'autres civilisations, mais une façon d'être au monde. La terre, le ciel, les paysages, voilà ce qui compte. Marie-Ange Sebasti semble faire l'éloge du dépouillement. Le marchand de couleurs ne possède rien, il s'habille de sable / pour épouser la vague. Ce qui compte, c'est la capacité à s'émerveiller, à regarder le monde avec un œil neuf. Ce n'est pas le foisonnement de la nature qui éblouit, c'est la pureté du paysage, les différentes teintes du ciel selon le moment de la journée.

 

Jour après jour le crépuscule

brasse toutes les couleurs

inonde l'univers

rétrécit les galaxies

 

Marie-Ange Sebasti parle de liberté. De la capacité de partager sans parole non pas des biens mais

 

quelques cailloux

quelques talus

 

un rêve à l'endroit

un rêve à l'envers

 

la lumière vorace

la lumière déçue

 

Capacité à dialoguer avec les planètes, à faire de l'univers une source inépuisable de richesse. Ainsi la terre devient moins désinvolte / plus précieuse.

 

Marie-Ange Sebasti, La connivence du marchand de couleurs. Jacques André éd., 2016

Photo de Josette Vial

13:03 Publié dans Chroniques

04/04/2016

UN TEMPS D'HIVER

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Roland Tixier est un poète urbain dont les textes, concis et dépouillés, traduisent les émotions les plus simples, mettant en lumière l’ordinaire. Un temps d’hiver réunit plusieurs recueils écrits entre 1988 et aujourd’hui, proposant ainsi plus de vingt ans de poèmes. Le premier recueil, 33 fois l’espoir, évoque des souvenirs d’enfance : le journal du matin lu au café, l’entrée de l’usine, le terrain de foot du dimanche, la colonie de vacances. Les mots parlent de la pauvreté, avec une attention portée aux petites gens. Dans Pour ainsi dire émerge une fragilité, une blessure, évoquées à demi-mots, veines ouvertes / de l’intérieur, douleurs éparses, et rendues perceptibles par la vision de l’homme étendu / la bouche close, du chat écrasé / sur les pointillés. Si l’univers de Roland Tixier est avant tout urbain, le poète garde en lui le souvenir des noisetiers limousins, comme une note d’espoir, une nature ténue au cœur de la ville, une nature qui cohabite avec le béton. Dans On va vers les beaux jours, l’espoir semble se faire plus prégnant, avec une sensibilité accrue aux détails du quotidien, qui deviennent des pépites de soleil, ainsi, le cri d’une hirondelle, une feuille de bronze / sur ciel de lait, deviennent des éléments favorisant le bonheur, permettant de ne pas rester dans la douleur. Roland Tixier s’émerveille sur de menues impressions ou sensations. Il apprend à laisser de côté ce qui n’en vaut pas la peine. 

 

pour un peu parfois

mandarines papillotes

les douces lueurs

les larmes dans la gorge

 

ce n’est rien peut-être

le bonheur simple d’exister

 

Roland Tixier, Un temps d'hiver. La Passe du vent, 2014

09:27 Publié dans Chroniques

03/03/2016

FURET

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Clara Regy nous livre avec ce Furet, prix des Trouvères 2015, des bribes d’enfance, souvenirs d’une petite fille de huit ans laissée dans une ferme, prise en charge par une vieille femme, peut-être une tante, alors que sa mère est partie. Aux scènes de vie quotidienne de la ferme, avec les hommes bruns / de bouse chaude, le cochon que l’on tue et dont le sang forme un collier liquide, la naissance d’un veau, les haricots que l’on cueille, s’ajoute le vécu de la petite fille qui rêve de s’évader de là, enfant qu’on oublie / au bord / et qui goûte à la mort, sa tristesse – elle n’était pas / venue / - ma mère -, sa peur dans cette campagne pleine d’ombres et de plantes qu’elle ne connaît pas. L’enfant voit des choses qu’elle ne comprend pas, une vache morte – je crois / qu’elle me regarde / et que c’est de ma faute –. Il y a aussi cette vieille femme, évoquée de façon récurrente, qui s’occupe d’elle mais qui n’est pas une maman, et qui demeure une étrangère. Pourtant, çà et là apparaissent des pépites de plaisir, le vin du goûter, les poupées de maïs / en chevelure folle / nattées indiennes, et jusqu’à ce petit corps / luisant / de savon / chaud aperçu par-dessus un muret. La vieille femme apparaît de plus en plus souvent dans les dernières pages du recueil, comme si naissait une forme d’attachement, et l’enfant voudrait la défendre des riches dames du château devant lesquelles elle se courbe. Des années plus tard, Clara Regy se souvient de cette femme qui, avec l’âge, retomba en enfance : je la vois moi / je disais / je la vois // et encore // aujourd’hui / peut-être.

Clara Regy, Furet. Editions Henry, 2016

13:14 Publié dans Chroniques

04/02/2016

L'ÉTOFFE DE LA NUIT

 

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L'étoffe de la nuit : livre d'artiste. Textes de Valérie Canat de Chizy, pastels de Gilbert Desclaux. 2016

 

09:51 Publié dans Recueils parus

07/01/2016

ÉLÉGIES POUR LE TEMPS DE VIVRE

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Tu m’as reçu comme le jour reçoit
les premières rumeurs de l’aube,
tu m’as dit que derrière le soleil
des poèmes prenaient racine, tu
m’as parlé d’oiseaux perdus,
de fleurs inapaisées, tu m’as dit
qu’une source jouait dans les replis
de ta mémoire – et je t’ai cru,

je t’ai suivi sous la neige qui
venait de tomber sur le jardin muet,
je me suis serré contre toi, sans
crainte, sans efforts, avec le souvenir
d’étreintes passées qui m’avaient
tant charmé, je suis entré en toi,
tu m’as reçu comme la nuit
reçoit le frisson des étoiles, comme
le silence appelle le silence jusqu’aux
frontières de l’échange, comme
tout se résout dans ce qui nous attend.

Richard Rognet, Élégies pour le temps de vivre, Poésie/Gallimard, 2015

09:40 Publié dans La poésie des autres

12/10/2015

J'ERRE SANS ATTACHE SUR LA VOIE

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De quelle nuit es-tu venue ?

De quel jour ?  Soudain tu es

Au cœur de tout. Les lilas

Ont frémi ; le mot est dit.

Tout prend sens, tout se découvre

Don. Dès lors, tout se transmue :

Le ciel-terre en chair aimante,

En ondes sans fin les instants.

 

*

 

J’erre sans attache sur la Voie,

En plein cœur de la lente chute

        des feuilles et des étoiles ;

Au lointain appel d’une voix,

Je me retourne et je vois

        le visage et le regard.

 

L’automne mûr détient encore

Tout l’or secret du royaume,

        par-delà flammes et larmes ;

Du fond de la frondaison,

Un chant trace la sente qui mène

        à l’inapaisable fontaine.

 

 

François Cheng, La vraie gloire est ici. Gallimard, 2015

09:32 Publié dans La poésie des autres

14/09/2015

POETRY

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Vient de paraître : "Poetry" chez Jacques André éditeur

http://www.jacques-andre-editeur.eu/web/ouvrage/320/+Poetry.html

 

Ils en parlent :

 

Isabelle Lévesque, sur le site Poezibao

Marilyne Bertoncini-Pirez, sur le site La Cause littéraire

Sanda Voïca, sur le site Paysages écrits (janvier 2016)

Cécile Guivarch, sur le site Terre à ciel (octobre 2015)

Florence Trocmé, dans Le flotoir du 25 août 2015

Patrice Maltaverne, sur le blog Poésie chronique ta malle

Jacques Morin, dans la revue Décharge

 

 

13:25 Publié dans Recueils parus

03/09/2015

S'IL EXISTE DES FLEURS

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Ce sont des poèmes sur la guerre, vue à travers le prisme de la nature. S’il existe des fleurs, il existe des hommes, ces hommes tombent, mais les fleurs restent. Ce sont des poèmes courts, des phrases simples, pour dire les jeunes hommes enrôlés durant la guerre, fauchés dans la fleur de l’âge. L’émotion naît de ce regard posé sur la nature, qui demeure, et de ces mots du poème pour dire le bleu du jour, les arbres les murs un temple / entre la terre et la mer.

 

le jour donne le bleu

de branche en branche

s’étend sur les campagnes

ne compte pas les morts

 

La mort est ici abordée avec le regard de l’innocence. Le recueil fonctionne par images, par scènes. On voit les animaux, les hommes courir dans l’herbe, on voit les arbres, la nature, on imagine le silence dans une prairie caressée par le soleil.

 

les animaux courent devant

pour ne pas être tués

aussi des hommes

courent autant

ils restent chauds

après leur dernier souffle

 

C’est cela qui contraste : la douceur et la tendresse qui émanent des mots, et la violence, l’horreur de la guerre, qui demeurent en arrière-plan.

 

depuis les collines apparaît le soleil

des soldats dévalent les collines

s’inquiètent soudain du silence des oiseaux

 

Cécile Guivarch nous touche par sa capacité d'empathie, elle qui sait si bien éprouver ce que d’autres vivent dans leur propre chair.

 

ils ont froid

de tant de neige tombée sur leurs tombes

ils ont froid et se rapprochent

se regardent presque

 

 

Cécile Guivarch, S’il existe des fleurs, L’arbre à paroles, 2015

11:49 Publié dans Chroniques

07/07/2015

MÈRE OU L'AUTRE

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l’enfant nu sort d’une prison de chair

sa liberté garde un œil derrière le front

il regarde en arrière

c’est moi qu’il voit vraie mère ou mère fictive

si je protège   je fais écran   (j’empêche aussi)

 

 

parce qu’elle a creusé en toi ce manque inguérissable

elle sera toujours là comme un fantôme te tirant vers le noir

 

 

quel amour faudra-t-il pour te guérir  de l’absence originelle ?

 

 

Luce Guilbaud, Mère ou l’autre, Tarabuste, 2014

 

09:40 Publié dans La poésie des autres