18.01.2009

CE QU'IL FAUT D'OR

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C’est juste ce qu’il faut d’or pour attacher le jour à la nuit, cette ombre (ou ici cette lumière) qu’il faut que les choses portent l’une sur l’autre pour tenir toutes ensemble sans déchirure. C’est le travail de la terre endormie, une lampe qui ne sera pas éteinte avant que nous ne soyons passés.

 

Philippe Jaccottet, Paysages avec figures absentes, nfr/Gallimard, 2002, p. 48

16.01.2009

AUSSITÔT RÉVEILLÉE

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Aussitôt réveillée, elle courait ouvrir les volets et voir au ciel s’il ferait beau ce soir. Oui, il ferait beau, et il y aurait une nuit chaude avec beaucoup d’étoiles qu’ils regarderaient ensemble, et il y aurait du rossignol qu’ils écouteraient ensemble, elle tout près de lui, comme la première nuit, et ensuite ils iraient, iraient se promener dans la forêt, se promener en se donnant le bras. Alors, elle se promenait dans sa chambre, un bras arrondi, pour savourer déjà. Ou bien, elle tournait le bouton de la radio, et si c’était une marche guerrière déversée de bon matin, elle défilait avec le régiment, la main à la tempe, en raide salut militaire, parce qu’il serait là ce soir, si grand, si svelte, ô son regard.

 

Albert Cohen, Belle du seigneur, nrf/Gallimard, 1995, p. 358

13.01.2009

BEAUTÉ IRRÉELLE

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Beauté irréelle

       irradiante

tu es un poignard

       dans mes yeux

je trempe mes larmes

       à ton tranchant

             tu cilles

                    l’apnée de mon front