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11/03/2011

LE COMÉDIEN

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Dans son rire

écarlate

faisant pommes ses joues

rouges

je vois la tendresse

plissée dans ses yeux

aux racines nourries

de blessures intérieures

Et quand le voile grave tombe sur son visage

je ne suis pas étonné

 

Guy Chaty, Mes navires, Éditions de l’Atlantique, 2010, p. 21

18:47 Publié dans La poésie des autres

18/02/2011

MÉMOIRE

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Garde ta mauvaise mémoire. Elle a sa raison d’être, sans doute.

 

*

 

Garde intacte ta faiblesse. Ne cherche pas à acquérir des forces, de celles surtout qui ne sont pas pour toi, qui ne te sont pas destinées, dont la nature te préservait, te préparant à autre chose.

 

*

 

Faute de soleil, sache mûrir dans la glace.

 

 

Henri Michaux, Poteaux d’angle, Poésie/Gallimard, 2007, p. 10, 13

07:35 Publié dans La poésie des autres

22/01/2011

VIENT DE PARAÎTRE : "PIERRE NOIRE"

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21:29 Publié dans La poésie des autres

13/01/2011

TRAITÉ DU SILENCE

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La maison du silence est une maison de vent. Les portes en sont transparentes, comme l’air quand il oscille dans la chaleur. Les fenêtres se ferment à toute parole et ainsi, de la musique du temps, on ne perçoit qu’un écho lointain et peut-être déformé.

 

Au jour, le toit en est fait des cris des oiseaux de haut vol. Quand vient la nuit, il est alors fait du flot des nuées et de l’orage qu’elles portent bientôt.

 

La maison du silence est cette ancienne demeure où la pluie est souriante et le soleil attentif.

 

Michel Thion, Traité du silence, Voix d’encre, 2004

10:44 Publié dans La poésie des autres

10/12/2010

LA CHAIR DES JOURS

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Nuit

immense nuit

portée par les oiseaux

jusque dans le calice des fleurs

L’herbe a blanchi

comme s’il avait neigé

Qui est-il celui qui marche

avec des ailes brûlées de lune

Le peintre avec sa toile

un funambule

un poète

Il habite la rosée

dans le monde nouveau

en train de naître.

 

Annie Briet, La Chair des jours, SOC & FOC, 2009, p. 6

16:31 Publié dans La poésie des autres

26/11/2010

L'ÉTOFFE DE L'UNIVERS

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Où est ma terre ?

 

 

Mon pays est partout

Sur toutes les terres du monde

Il est dans l’autre part

Il est dans l’ailleurs

 

Mon pays est partout

Au bord des alentours

Dans la halte

Et l’étape

Dans le vivre

Et la demeure

Dans le plus loin

Et dans l’ici.

 

 

Andrée Chedid, L’Étoffe de l’univers, Flammarion, 2010, p. 69

12:50 Publié dans La poésie des autres

14/11/2010

COMME MA FILLE

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Me rappelle

comme ma fille

peau

tendue

cils de fils

noirs

me rappelle

miroir de Chine

 

fendant la glace du Beihai

experts patins

glissant

 

le sifflement des lames

sous les pagodes

anciennes

 

filant des parcours sourds

sous ciel froid

 

m’appelle encore

comme ma fille

que j’ai sue avant toi

 

 

Valérie Harkness, Roseau, recueil inédit, 2009

22:34 Publié dans La poésie des autres

19/10/2010

COMBIEN DE NOMS

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je marche autour de ces pierres

je les parle avec mes mains

pour nous rejoindre en un temps

où elles sortiront de nous

comme nous dans notre sommeil

peu à peu nous sortons d’elles

en nous approchant d’ensemble

elles sont du temps qui se tient

debout qui semble immobile

mais elles bougent elles sont déjà

dans nos mouvements chaque pas

se double d’invisible

notre portrait

en forme de chemin

 

Henri Meschonnic, Combien de noms, L’improviste, 1999, p. 49

17:02 Publié dans La poésie des autres

02/10/2010

NIERIKA

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Le miroir

creuse un trou à

l’intérieur des

pierres

 

Et tourne

dans les quatre

fleurs de la rivière

immortelle

 

Lumière dressée sur son pied

qui désigne le chemin noir des

abeilles

 

Puis autre miroir

qui donne la réponse à la

question aveuglée

 

Transmets

le silence qui mange

le reflet de la cigale

 

Mon frère est en

bas dans le ciel

 

Mon frère est en

haut dans le feu

 

 

Serge Pey, Nierika : chants de vision de la contre-montagne, Maison de la poésie Rhône-Alpes, 2007, p. 138

16:04 Publié dans La poésie des autres

17/09/2010

MATIÈRE DE LUMIÈRE

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Ici parlait l’indicible

Je vivais dans un corps dédoublé

La mer derrière le verger

S’ouvrait comme une fenêtre

Sur le ciel des chemins

 

L’île est une langue

Porteuse précaire du possible

Dans ses limites abruptes et douces

Des trèfles de l’improbable

Je comptais les feuilles de bonheur

 

Les mots venaient du vent

Par les creux des arbres

Entre les pierres

De la traversée

D’une chair de silence

 

 

 

Heather Dohollau, Matière de lumière, Folle avoine, 1985

15:32 Publié dans La poésie des autres