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06/10/2009

PENARTH BEACH

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ces enfants là-bas qui jouent

sous les yeux de leur mère

et cherchent dans les galets celui

qui portera signe : le talisman rompu

dont la blessure respire

et gardera l’ouvert pendant l’écart d’une vie

 

ils sont à la fracture du jour

où la lumière veille     la mer a ses marques

qui ont douceur de seuil et l’entrée est là

où l’amour se tient

dans la brillance de l’air

en cet aujourd’hui

 

 

Heather Dohollau, Une suite de matins, Folle avoine, 2005, p. 11

16:26 Publié dans La poésie des autres

23/09/2009

À LA LUEUR DE TES DOIGTS

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Un autre soir

quelque chose tremblait

ne disait mot

la mémoire vide

de tonnes de mer

moulues dans le noir

rugissement emmuré

le froid des draps

et personne n’entend

le nageur qui rame

muet de couleurs

dans l’eau ouverte

nage sans mémoire –

 

 

 

 

Tu pousses les mots à la lueur de tes doigts.

 

 

 

 

Lorand Gaspard, Égée Judée, Poésie/Gallimard, 2004, p. 157

21:33 Publié dans La poésie des autres

11/09/2009

POSSIBLES FUTURS

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Je fore,

Je creuse.

 

Je fore

Dans le silence

 

Ou plutôt

Dans du silence,

 

Celui qu’en moi

Je fais.

 

Et je fore, je creuse

Vers plus de silence,

 

Vers le grand,

Le total silence en ma vie

 

Où le monde, je l’espère,

Me révélera quelque chose de lui.

 

 

Guillevic, Possibles futurs, Poésie/Gallimard, 2007, p. 165

19:06 Publié dans La poésie des autres

04/09/2009

AU BORD DES NUAGES

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Je voudrais vous parler loin, longtemps, avec des mots qui ne seraient pas seulement des mots, mais qui conduiraient jusqu’au ciel, jusqu’à l’espace, jusqu’à la mer.

 

J’entends ce langage, cette musique, ils ne sont pas étrangers, ils vibrent autour, ils brillent autour, sur les rochers blancs et sur la mer, ils brillent au centre des villes, même dans les yeux des passants.

 

Comment parler ? Les mots de cette musique viennent d’un pays où le langage n’existe pas, où le langage est scellé, enfermé en lui-même, est devenu comme la lumière, visible seulement de l’extérieur. J’attends le moment, j’attends le moyen. Cela va venir, cela arrive déjà, peut-être. Au bord des nuages, comme sur une dune de sable, un petit garçon inconnu est assis, et regarde à travers l’espace.

 

 

J. M. G. Le Clézio, L’inconnu sur la terre, Gallimard/L’imaginaire, 1999, p. 9

15:41 Publié dans La poésie des autres

26/07/2009

DOUBLURE

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Voir

sous le vent

tirer le temps à soi

et les

autres choses

 

Les mains se fourrant dans leurs poches

en tas

des choses

des bruits de jours

 

 

Valérie Harkness, Doublure, Polder n°139, 2008, p. 13

21:00 Publié dans La poésie des autres

19/07/2009

DE TON CORPS ÉCLATANT

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De ton corps éclatant les bulles de savon,

          j’ai donné l’alerte.

 

Qu’il soit un modèle en tous sens

alors qu’on résiste.

 

              La grêle est le crible

        et dévore le lilas.

 

Roses, elles y sont avec les roses.

 

 

 

Marie-Noëlle Agniau, inédit, 2009

20:50 Publié dans La poésie des autres

10/07/2009

FISSURES ET VOIX

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Le socle vacille

En quelle terre

Tomber Se briser

S’éparpiller ?

À quelle roche

Se mesurer

Les doigts entaillés

De parois sombres

Et profondes

Le cœur obscurci ?

Au centre du noyau

La lumière s’écartèle

Repousse les parois

 

Fissures

Et voix

 

 

Valérie Canat de Chizy, Fissures et voix, Encres vives, 2009

15:01 Publié dans La poésie des autres

06/07/2009

OMBRE ET LUMIÈRE

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Une plaine au soleil.

Rien n’y est à l’abri

De la forte lumière –

 

Et pourtant

La danse de l’ombre

Avec la lumière.

 

Cette ombre

Est-elle vraiment là

Ou vient-elle de moi ?

 

 

Guillevic, Présent, nrf/Gallimard, 2004, p. 53

22:20 Publié dans La poésie des autres

26/06/2009

UN RETOUR PLUS LOIN

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La terre est gelée

Les chiens arpentent la plaine

Des femmes en noir jettent des roses sur la stèle

Ce fut ici

Recommence

l’instant

à chaque soleil naissant

froid

avide

À quoi bon la mémoire

 

Évelyne Morin, Un retour plus loin, Éditions Jacques Brémond, 2007, p. 40

14:16 Publié dans La poésie des autres

15/06/2009

ÉGÉE JUDÉE

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De oui et de non

de haine et d’amour

musique de circonstance

enfin clou blanc

avec douceur, violence

enfoncé dans le blanc –

 

***

 

seulement le vent noir des yeux

lavé d’éclairs, de bruits d’eau

seulement la rauque mélodie

la brèche d’une aile dans le sang

tendu d’un corps exténué –

 

 

Lorand Gaspar, Égée Judée, Poésie/Gallimard, 2004, p.161, 163

20:52 Publié dans La poésie des autres