06.01.2009
UN HOMME QUI DORT
Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien : c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée. Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger ; qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés. Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot : tu n’as jamais fais qu’errer dans une grande ville, que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.
Georges Perec, Un homme qui dort, folio/Gallimard, p. 140
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03.01.2009
MA LAMPE EST TON REGARD
Dans la maison le chat les vibrations de l’atmosphère. La clarté de la flamme vacillante. Le silence de mes pensées. Les nuages passent dans la nuit. Le cahier à épaisse couverture rigide. Or et bleu. Les livres sur la table ronde en bois. Les mots lus, infusés. Les conversations imaginaires. Le regard me suit, patient. Posé simplement, sur mes idées, sur mes va-et-vient, sur mes écrits. Je chemine de l’intérieur. Ma lampe est ton regard.
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01.01.2009
BONNE ANNÉE 2009
Il arrive souvent que les rêves alunissent en pleine nuit !
Alors
Je me réveille
Pour les accueillir
Un chapelet de dés-bambous à la main
Comboï métis
Prière de carmélite nuptiale
C’est à ce moment
Qu’ils me demandent de choisir
De choisir entre le berlingot enjoué d’une étoile
Et la barbe à papa rose d’une nébuleuse
Un
Deux
Trois
Soleil
Soleil
Renoncé
Il n’y a que les sorcières qui ont le droit de choisir
C’est écrit dans leur grimoire indigo
Alors
Moi ?
Je ne suis que le bout d’un cil de comète
Seul
Seule
A décider du nombre de lunes à commander…
Isabelle Vaha, « Tapis de feutrine », Verso n°135, déc. 2008, p. 36
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