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07/05/2009

ACTU !

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fille de mille épées

ce fut écrit tu lutteras

avec ta grâce contre les

jours ébouillantés les lar

mes l’alcôve le trois-pièces

 

***

 

ce fut écrit souffle-racine

sur le ring de l’eau jouis-

sance débauchée coulant

des livres sous l’éclat de tes

cils : laforgue dostoïewski

 

 

 

gilles b. vachon, the jewish plot, CC Marimbo, 2006

14:51 Publié dans La poésie des autres

03/05/2009

NOUS VIVIONS

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Nous vivions parmi les ronces en bordure de nos terres

dans les vitres fendues de l’orage d’été

blessés à bleu par des éclats de mer

jusqu’au fond infondé des nuits qu’on prononce

soudain sous les doigts qui suivent l’érosion

et derrière la chair qui se presse dans la voix

le sang translucide à force de s’ouvrir

au bout de ses tiges digitales brisées –

 

 

Lorand Gaspar, Sol absolu, Poésie/Gallimard, 2001, p. 115

22:57 Publié dans La poésie des autres

29/04/2009

DE TRÈS LOIN

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De très loin monte la plainte

         de l’enfant

         comme une vague

                   ondulante

 

De très loin l’écho des

         premiers murmures

         le goût du lait

         maternel

                  

De très loin les paroles

         douces

15:01 Publié dans La poésie des autres

24/04/2009

AILE-NUIT

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Aile-nuit de très loin venue et maintenant

à jamais tendue

sur la craie et sur la chaux.

Galet, roulant à l’abîme.

Neige. Et de blanc plus encore.

 

Invisible

ce qui paraissait brun,

couleur de pensée et foisonnant

de mots.

 

La chaux existe, et la craie aussi existe.

Et le galet.

La neige. Et de blanc davantage encore.

 

Et toi, toi-même :

niché au fond de l’œil

autre, qui embrasse

tout ça d’un regard.

 

 

Paul Celan, Choix de poèmes, Poésie/Gallimard, 2007, p. 109

16:08 Publié dans La poésie des autres

19/04/2009

CHEMINS DU POSSIBLE

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Il y a en tout homme un secret inespéré

Qui s’étire dans le vide de sa poitrine

Comme une force souterraine et magique

Pour mettre fin à son exil intérieur

Et lui faire signe qu’il est l’heure de naître

 

Pierre Schroven, Chemins du possible, L’arbre à paroles, 2005, p. 53

21:41 Publié dans La poésie des autres

09/04/2009

INSCRIS TA LUMIÈRE

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Prouve le bois qui brûle en toi

Tais le crépitement aléatoire de tes mots

Inscris ta lumière

à la lucarne vidée d’un visage.

 

Antonia Corgier, Paroles d’estran, Éditions SOL’AIR, 2005, p. 44

17:43 Publié dans La poésie des autres

04/04/2009

AU COMMENCEMENT...

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Écrire le fleuve de la vie

 

écrire le ruisseau de l’instant

 

écrire la couleur de l’hiver

 

écrire l’illusion

 

dans une pathétique ferveur

 

que le ruisseau devient fleuve

 

que tous les instants

 

font une vie

 

 

 

Écrire le silence en réponse…

 

à une bouteille à la mer

 

 

                           

 

Christine Doucet, Au commencement…, Éd. les presses littéraires, 2005, p. 47

14:07 Publié dans La poésie des autres

28/03/2009

UN JOUR, TOUT CHANGE

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Tous les ans

les pétales du Camélia

lèvres éprises

se frotteront à la fenêtre du salon

les pages de nos aubes

tournoieront

 

rien ne changera à tes yeux

et tout

rentrera dans son ordre

 

un jour

tes mains assez grandes

tiendront mon visage

dans leur creux

le souci se nichera

entre les arcs parfaits de tes sourcils

 

Tu sauras que les choses changent

 

 

Valérie Harkness, Petite vie, Chloé des Lys éditeur, 2008, p. 67

20:09 Publié dans La poésie des autres

22/03/2009

TROIS VISIONS DE L'HOMME

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 Telle est donc la première vision de l’homme qui est ici proposée à travers l’expérience poétique : la vision d’un esprit armé de toutes les ressources de la raison, de la conscience claire et luttant douloureusement pour essayer de donner une voix à ce qu’il contient d’inexplicable, de non formulé, de ténébreux, d’immémorial. Un mystérieux commandement lui enjoint de hisser jusqu’au jour ce monstre informe et balbutiant qu’il porte en lui, de l’exposer au soleil afin d’en être délivré.

 

Jean Tardieu, « Trois visions de l’homme… », Tardieu : œuvres, éd. dirigée par Jean-Yves Debreuille, Quarto Gallimard, 2003, p. 550

22:48 Publié dans La poésie des autres

16/03/2009

SOL ABSOLU

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L’extrême patience qui nous lime.

Le pain d’un jour et l’eau mesurée

la démesure de nous taire

et parmi tant de blanc

trouver à tâtons

les chemins étroits de nos veines.

 

Lorand Gaspar, Sol absolu, Poésie/Gallimard, 2001, p. 60

16:42 Publié dans La poésie des autres