04/09/2009
AU BORD DES NUAGES
Je voudrais vous parler loin, longtemps, avec des mots qui ne seraient pas seulement des mots, mais qui conduiraient jusqu’au ciel, jusqu’à l’espace, jusqu’à la mer.
J’entends ce langage, cette musique, ils ne sont pas étrangers, ils vibrent autour, ils brillent autour, sur les rochers blancs et sur la mer, ils brillent au centre des villes, même dans les yeux des passants.
Comment parler ? Les mots de cette musique viennent d’un pays où le langage n’existe pas, où le langage est scellé, enfermé en lui-même, est devenu comme la lumière, visible seulement de l’extérieur. J’attends le moment, j’attends le moyen. Cela va venir, cela arrive déjà, peut-être. Au bord des nuages, comme sur une dune de sable, un petit garçon inconnu est assis, et regarde à travers l’espace.
J. M. G. Le Clézio, L’inconnu sur la terre, Gallimard/L’imaginaire, 1999, p. 9
15:41 Publié dans La poésie des autres
26/07/2009
DOUBLURE
21:00 Publié dans La poésie des autres
19/07/2009
DE TON CORPS ÉCLATANT
20:50 Publié dans La poésie des autres
10/07/2009
FISSURES ET VOIX
Le socle vacille
En quelle terre
Tomber Se briser
S’éparpiller ?
À quelle roche
Se mesurer
Les doigts entaillés
De parois sombres
Et profondes
Le cœur obscurci ?
Au centre du noyau
La lumière s’écartèle
Repousse les parois
Fissures
Et voix
Valérie Canat de Chizy, Fissures et voix, Encres vives, 2009
15:01 Publié dans La poésie des autres
06/07/2009
OMBRE ET LUMIÈRE
22:20 Publié dans La poésie des autres
26/06/2009
UN RETOUR PLUS LOIN
14:16 Publié dans La poésie des autres
15/06/2009
ÉGÉE JUDÉE
De oui et de non
de haine et d’amour
musique de circonstance
enfin clou blanc
avec douceur, violence
enfoncé dans le blanc –
***
seulement le vent noir des yeux
lavé d’éclairs, de bruits d’eau
seulement la rauque mélodie
la brèche d’une aile dans le sang
tendu d’un corps exténué –
Lorand Gaspar, Égée Judée, Poésie/Gallimard, 2004, p.161, 163
20:52 Publié dans La poésie des autres
06/06/2009
C'EST COMM'
– C’est comm’ la mer sans l’huile
ou comm’ la nuit sans l’encre.
C’est comm’ le cuit sans l’cru
comm’ le ni vu sans l’ni connu
comm’ les compas sans la raison
comm’ la rime sans la déraison
comm’ les raisins sans la colère
comm’ le dauphin sans la reine-mère
c’est comm’ la reine sans les ferrets
comme Étretat sans les galets
comm’ les récrés sans les gadins
ou comme un Carné sans Gabin
comm’ le samedi soir sans l’turbin
comm’ le samedi soir sans l’turbin.
Jean-Pierre Bobillot, Live on page, Lieux-Dits, 2004
21:08 Publié dans La poésie des autres
29/05/2009
L'AUBIER
L’aubier se feuillette comme un cahier blanc
et le monde – parfois – retombe
en enfance :
scotché sous la langue.
Plus d’un bruit demande à être.
Et veut montrer en même temps :
l’essor qui prend, l’étreinte et l’onde.
Les fibres aux fibres,
l’autonomie.
Ce qu’il faudra ? Faire état du manque. Craquer ou recoudre l’ancien cousu.
Marie-Noëlle Agniau, inédit, 2009
13:33 Publié dans La poésie des autres
16/05/2009
UN MONDE À PART
Tant de fois perçu dans votre regard, ce malaise que je connais si bien, fuite devant l’irréparable, la faille caractérise votre lâcheté. Pensée qui m’obsède… Je m’exécute à votre mesure pour rattraper la cadence de ma rétine qui vous observe, croisant l’étincelle d’un temps de lire, d’observer.
[…]
Définir mon silence, grand mot dont j’aimerais résoudre le mystère. Débrancher dans mon vide, vertige où je me cogne bien trop souvent, envoûtée par mon propre silence à perdre haleine. Oublier ma propre voix dans la résonance étouffée de mon existence. Plainte de chaque jour murmurée au fin fond de mon corps pour exister encore.
Aurélie de la Selle, Rien ne sert de parler si fort, L’Harmattan, 2007, p. 147
21:42 Publié dans La poésie des autres











