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26/06/2008

TOI QUI SAIS

Toi qui sais

Parle-nous de lilas

Ou de magnolias

Nous qui retenons les noms

Sans saisir la voie du don

De la sève qui gonfle en secret 

            chaque grappe chaque pétale

Toi qui sais

Apprends-nous à être

Pure couleur pure senteur

Rejoignant de cercle en cercle

Toutes couleurs toutes senteurs

            dans l’abandon à la résonance

Toi qui nous renvoies 

            à notre nom

Apprends-nous à être

Racine de l’oubli

            et fleurs de l’absence

 

 

François Cheng, À l’orient de tout, Poésie/Gallimard, 2005, p. 67-68

 

 

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20:25 Publié dans La poésie des autres

19/06/2008

OISEAU

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Pourquoi me tires-tu par

                        la manche

                        oiseau

                        abreuvée de nectar

                        j’observe les abeilles

                        voler des fils

                        pour leur reine

 

20:20 Publié dans La poésie des autres

18/06/2008

MON AMOUR EST UNE FORÊT

Mon amour n’est pas enclos

         je le vois comme un café

 

         tasse grande

         et madeleine 

 

         exhalaisons du passé

 

On se parle entre nous

 

                                pourquoi tu me réponds pas

                                 que caches-tu es-tu si grand

                                        que nous ne puissions nous voir ?

 

Mon amour est une forêt

         qui cache l’arbre.

 

 

 

 

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20:15 Publié dans La poésie des autres

17/06/2008

CABANE

Il est des mystères

Les rencontres en font partie

 

On se heurte à une haie

On s’empêtre

 

Fracas d’étoiles

Pluie de météoresc653a077b68d7de4dbf8ae28f482e859.jpg

 

La foudre frappe

L’arbre de la clôture

 

L’arbre tombe

Le bois se brise

 

Délivre les cornes

Prises dans la clôture

 

Les tempes tressaillent

Le sang pulse

 

Ciel de plomb

Au-dessus du pré

 

Les gouttes s'abattent

 

On court jusqu’à la cabane

 

Reste de cendres

Banc défaillant

 

Sortir livre

De poèmes.

20:00 Publié dans La poésie des autres

16/06/2008

MA PETITE SOEUR

Ma petite sœur,

Ton prénom est couleur

D’eau de mer

 

Tant d’années entre nousfe99f580820741333ffbb056266d89b4.jpg

Pour nous éloigner

 

Ta fille est belle

Comme une aurore

 

Je sème des mots

Que tu n’attraperas

Peut-être jamais

 

Je suis ton aînée

Et j’ai tant à grandir

Encore

 

Je sème des mots

À défaut d’enfanter

 

Des mots pas toujours

Papillons

 

Je crains les chenilles

Et me pique avec moi-même.

13:45 Publié dans La poésie des autres

13/06/2008

MER

La mer enfouie, vague d’écume,

Déferle jusqu’à

Teinter de bleu les feuillages,

Les canards emmitouflés dans leur plumage

Les rives du mince canal

Où stagne l’eau sombre

 

Tes pas traversent l’espace

 

En apesanteur tu marches

Tandis que l’univers

Se fond dans ton sillage

Et que tu t’effaces

 

Transparente

 

Fluide comme l’eau

Profonde comme la mer

 

(Échos)

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21:05 Publié dans La poésie des autres

NOUS N'AVIONS PAS CHOISI

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Nous n’avions pas choisi de nous aventurer aux confins de la vie. Nous ne savions pas. Mais au fond de nous, nous pressentions l’existence d’une réalité autre, que nous ne pouvions aborder qu’à la condition sine qua non d’y avoir été préparés. Nous brûlions chaque jour notre peau au fer rouge sorti des forges. Nous nous sommes quittés au bout du couloir sombre, là où la lumière a détaché nos pas. Ce fut comme si nous ne nous étions jamais connus.

08:40 Publié dans La poésie des autres

10/06/2008

LA VOIX CLAIRE

 

 

La voix claire

 

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            alouette

 

 

            dans l’ouverture

            d’un visage

 

 

            une clarté

            au bord

            des paupières

 

 

            le soleil

            sur les lattes

            de bois

 

10:25 Publié dans La poésie des autres

09/06/2008

LA POÉSIE...

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La poésie est-elle cette brèche ouvrant sur l’inconnu, sur ce qui sans elle n’existerait pas, une planche de salut risquant à tout moment de s’effondrer ? D’un côté, le réel, l’ancrage, ce que l’on nomme la normalité ; de l’autre, l’art. Au milieu, la poésie, des mots subrepticement tissés au-dessus du vide, des coquilles d’escargots, des antennes prêtes à se replier. Écrire est un acte d’équilibrisme, mais vivre sans écrire, c’est être condamné au broyage des phalanges et des mâchoires, à la négation de l’existence lorsqu’elle s’écarte des sentiers balisés.

13:50 Publié dans La poésie des autres

07/06/2008

POURQUOI TANT DE PIERRES

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Pourquoi

 

            tant de pierres

            tant de pigments

 

            de paroles coupées

 

            d’espaces

            pris entre

            deux absences

 

            tant de pesanteur

            dans l’apesanteur

 

 

Les failles

 

sont des corniches

            où perdre pied

 

21:15 Publié dans La poésie des autres