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01/09/2008

ÉLÉPHANTS

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Visage ancré dans la roche

Pillage de sédiments

Strates strates rictus d’années

Poli de l’arrondi mais au dos

Le petit d’éléphant contre sa mère

Sculptures vivantes chaos

Des grottes emplies de fougères

Où constituer une couche végétale

Le dur emplit le silence

Masses d’ombres sous les arbres

Se mettent en mouvement

Craquelures de la peau

Rugosité des plissures

 

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21:20 Publié dans La poésie des autres

30/08/2008

DANS LA LUMIÈRE DES SAISONS

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Le silence est promesse de vie, et c’est pourquoi, à prendre conscience de celui qui règne ici, je me sens gagné par un profond bien-être, une confiance, le pressentiment que des heures pleines me seront accordées. De brusques embardées se produisent, et quelles fantastiques distances on se trouve parcourir à l’intérieur de soi en quelques secondes. Mystère de cet inconnu qui se présente et dont les changeants visages me conduisent de surprise en émerveillement.

Charles Juliet, Dans la lumière des saisons, P.O.L., 2005, p. 30

15:20 Publié dans La poésie des autres

27/08/2008

LES MOTS DU POÈME

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Les mots du poème sont sans armure

 

Les mots du poème creusent dans la terre

 

 

L’autre soir un papillon virevoltait autour de la lampe

 

Ses ailes étaient d’un bel orange presque fauve

 

L’ampoule projetait une lumière crue

 

 

Le matin j’ai retrouvé sa dépouille sur le carrelage

 

Il était plié tout droit dans son linceul

 

Comme si au fond il savait ce qui l’attendait

 

C’était d’un tel naturel…

 

 

Il ne bougeait plus bien sûr

 

J’aurais pu ne pas le voir

 

Fermées ses ailes étaient beiges

 

On aurait dit une petite pochette

 

De papier, une boîte à secrets

 

Dans laquelle l’on rangerait

 

Tous les mots que l’on ne dit pas

 

De peur de gêner ou d’offusquer.

 

08:00 Publié dans La poésie des autres

23/08/2008

EDELWEISS

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Il n’est pas d’espace

Plus haut

Où je puisse me trouver

Pas d’altitude

Plus éthérée

Où je puisse m’abreuver

Sans dire mot de plus

Juste mains offertes

mot racine

Edelweiss

Pour vous remercier



 

14:43 Publié dans La poésie des autres

21/08/2008

L'HEURE ATTENDUE

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C’est l’heure attendue

sur la table tombe

interminablement

la chevelure de la lampe

La nuit rend la fenêtre immense

Il n’y a personne

la présence sans nom m’entoure

Octavio Paz, Le feu de chaque jour, Poésie/Gallimard, p. 49

14:40 Publié dans La poésie des autres

19/08/2008

Á VOUS

Á vous, qui que vous soyez,
Croisés sur les bancs de l'école
Á quelque étape de ma vie
Soyez-en sûrs,
Je n'oublierai pas

Je n'oublierai pas
À quel point j'ai pu
Vous décontenancer
Vous irriter
Dans cette forme singulière
D'approche qui est la mienne
Et que je ne peux modifier

J'aurais voulu
- J'en ai rêvé -
Être comme vous
Entourée
Échangeant
Dialoguant

Au creux de ce coquillage
J'ai laissé mon empreinte
La mer ne m'a plus quittée

On ne choisit pas toujours
Parfois la vie choisit pour nous

On s'adapte, dans les sentiers perdus
On creuse son sillon
L'écume nous porte, nous rabat.


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21:50 Publié dans La poésie des autres

SANS LA MIETTE D'UN SON...

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Prends le rythme malicieux
Silence qui te fâche

Laisse le temps se plier
Sous ta dent


***


Entendre
Une seule fois

Un bruit bien trop loin
De ma musique

Scorpion magique

Je me pique
Bien trop seule

Dans mon étrange solitude

Je me quitte


***


Je piétine ma vie là
Obscure au fil du temps

Sans la miette d'un son

Je me cogne
Dans mon vacarme

Douleurs sans bruit...


Aurélie de la Selle, Sans la miette d'un son, Tarabuste, 2001

16:00 Publié dans La poésie des autres

17/08/2008

SONNET

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Pour ne pas être seul durant l’éternité,

Je cherche auprès de toi future compagnie

Pour quand, larmes sans yeux, nous jouerons à la vie

Et voudrons y loger notre fidélité.

 

Pour ne plus aspirer à l’hiver et l’été,

Ni mourir à nouveau de tant de nostalgie,

Il faut dès à présent labourer l’autre vie,

Y pousser nos grands bœufs enclins à s’arrêter,

 

Voir comment l’on pourrait remplacer les amis,

La France, le soleil, les enfants et les fruits,

Et se faire un beau jour d’une nuit coriace,

 

Regarder sans regard et toucher sans les doigts,

Se parler sans avoir de paroles ni voix,

Immobiles, changer un petit peu de place.

 

Jules Supervielle, La fable du monde, Poésie/Gallimard, p. 152

 

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22:15 Publié dans La poésie des autres

15/08/2008

PEUR

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Le grain glisse sur la peau

 

         petite souris

 

                   la peur te pousse

 

                   dans ton trou

 

 

Le chat endormi pourtant

 

                   ne te ferait aucun mal

 

 

Le foin entassé dans la grange

 

t’ensevelit de chaleur

 

 

La peur me pousse dans mon trou

 

                   je vais au fond de ma peur

 

 

                   je l’explore

 

 

19:27 Publié dans La poésie des autres

03/08/2008

SILENCE

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IL N'EST PAS DE MOTS 

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PLUS FORTS

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QUE LE SILENCE

 

20:10 Publié dans La poésie des autres